Récolté en été, le miel de châtaignier est souvent dégusté à l'automne. Puissant, boisé, amer, c'est l'un des plus emblématiques de la saison. Mais son avenir se trouble. Les châtaigneraies françaises subissent de plein fouet la maladie de l'encre, qui asphyxie les racines, et le chancre, véritable plaie des troncs. À ces pathogènes s'ajoute le dérèglement climatique : sécheresses, orages violents et gelées tardives bouleversent la floraison et réduisent les mie llées. Pour les abeilles, moins de fleurs signifie moins de nectar à butiner, donc des colonies fragilisées à l'approche de l'hiver. Pour les apiculteurs, c'est une production plus aléatoire et, parfois, des récoltes en forte baisse.

Quant aux amateurs, ils risquent de voir ce miel de caractère se raréfier — et grimper en prix. Préserver les châtaigneraies, c'est donc protéger un pan précieux de la biodiversité et de notre patrimoine gustatif. Avant de voir les prix grimper, voici une idée d'entrée pommes/chèvre/miel de châtaignier : ôtez le cœur de 3 pommes puis émincez-les très finement. Détaillez une bûche de chèvre cendré en tranches. Pelez et émincez finement 1/2 échalote. Préparez vos assiettes en disposant les lamelles de pommes en carpaccio et les tranches de chèvre intercalées. Saupoudrez de graines de sésame et d'échalote émincée puis arrosez d'un filet d'huile d'olive mélangé à une cuillère de miel de châtaignier. Terminez en ajoutant quelques feuilles de roquette.